Décret du 11 mars 2015 : quelles conséquences pour les médiateurs familiaux ?

Je suis très réservée sur l’impact positif de ce décret pour la médiation familiale. En fait tout dépendra de comment le professionnel présentera la démarche aux personnes. Soit comme un passage obligé et pour grossir le trait comme une simple formalité, ce que l’on peut craindre ou soit comme une opportunité de travailler avec « la partie adverse » pour trouver un accord, ce qui serait pour nous une nouvelle entrée en médiation familiale.

Récemment, j’ai fait l’expérience d’une telle entrée en matière lors d’un entretien d’information commun. J’ai eu comme l’impression que le père avait été parfaitement briefé sur la conduite à tenir et donc lorsque l’amorce d’une discussion pouvait avoir lieu, la personne reprenait son fil rouge et stoppait net la possibilité d’entrevoir d’autres pistes d’organisation que la sienne, prétextant d’être persuadé d’obtenir la garde. Vous allez me dire « rien de nouveau sous le soleil ! ». Peut-être si quand même : lorsque je lui demande l’intérêt pour lui d’être venu, il répond très justement « aucun » et j’entendais en voix off (peut-être à tort?) «Vous devez faire cette démarche pour poser une requête» Maître X. Afin de terminer mon information, je demande aux parents leurs revenus respectifs. Le papa m’indique ne pas vouloir me les donner et avec humour (point trop n’en faut), je lui demande s’il craint que Madame utilise cette information contre lui ? J’aurais préféré presque la présence de l’avocat pour obtenir son discours en direct et pouvoir discuter sur l’intérêt de la mise en place de la médiation avant l’audience.

Peut-être faut-il laisser du temps au temps, et même attendre les questionnements de chacun.

 

Pour information, la délégation Rhône Alpes APMF organisera une journée-débat en novembre 15, sur toutes ces questions d’actualités qui bousculent l’exercice de notre métier.

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