Mon mode d’intervention

Dans la pensée systémique, l’intervenant fait partie du système qu’il observe. Il adopte une position basse, il ne prétend pas expliquer, analyser, conseiller. Il favorise, suscite, réactive les compétences de chacun pour qu’ensemble, ils puissent retrouver leur capacité d’action et de décisions. Il ne s’agit plus pour l’intervenant de prendre en charge les personnes, mais de les prendre en compte, en activant un processus qui leur permettra de parvenir là où elles le souhaitent.

Dans la pratique de médiation familiale, c’est la même chose, le professionnel est là également pour leur permettre de retrouver leur capacité à s’entendre.

Mon intervention portera sur la nature de la relation entre les acteurs impliqués et les règles qui organisent leurs échanges.

 

– Je peux confiera des personnes en fin d’entretien mon ressenti. Il me semble que leur façon de parler à demi-mots m’invite peut-être à extrapoler des pistes de solutions et d’agir comme un guide. Je m’interroge à voix haute sur ma place pour me permettre de vérifier leur adhésion, et de constater leur implication dans le processus.

– La tournure des échanges m’invite à éclairer les parents sur le mandat que je me donne vis-à-vis du juge. Je ne suis pas l’exécutrice d’une institution. Je les renseigne sur le fait que pour moi le jugement est une base de travail discutable car il reste applicable « à défaut d’un meilleur accord entre les parties » et que je m’intéresserai avant tout à leurs souhaits et leurs attentes au regard d’une autre organisation familiale.

J’interroge ensuite les parents sur le mandat qu’il me donne pour les aider : l’idée d’une tierce personne pour activer les ententes, sortir d’un sentiment d’impasse, s’accorder sur un mode de garde.

De plus en plus souvent, je m’autorise à signifier clairement aux parents mon étonnement en lien avec mon ressenti. Dans cette idée, je communique ma surprise entre deux positions qui m’apparaissent très décalées de l’un, celle de sa demande d’enquête sociale devant le juge et en même temps son acceptation de la médiation familiale. Ces deux mesures sont opposées dans la forme et donc peuvent poser question. Un moyen pour moi à la fois de témoigner à un père son devoir de protection en tant que parent, et de dédramatiser son comportement en fonction de données objectives. Dans cette deuxième logique, j’amorce avec le papa un travail de changement de pôle et de reconnaissance de la maman comme un interlocuteur valable.

J’essaye également d’introduire dans le discours du papa de la différence. Je l’invite à se rappeler d’une période où leur relation était cordiale. De cette façon, je recueille des indices précieux sur les points précis à discuter pour lui permettre de changer de pôle, et sortir de sa position qui conditionne sa manière de voir l’autre comme une adversaire.

Comme médiatrice je passe constamment d’une dimension plus légère avec l’apport d’un point de vue humoristique, à la relative gravité des enjeux.

Je peux décider de diriger les débats et d’éclairer chacun des parents sur leur mode de communication, en pratiquant un exercice de « ping-pong » de l’un vers l’autre et inversement. Je propose cette opération en vue de changer les narratives qui maintiennent l’existence du conflit.

Je peux pointer par exemple des mots-clefs et j’éclaire les personnes sur les sujets de leur discussion qui m’ont amené à faire le choix de ces mots. Puis, je reprécise à chacun d’eux, en quoi leur fonctionnement nuit à l’émergence d’une amélioration de la situation, et voir même participe à maintenir l’enfant, dans une obligation intenable de taire son bonheur partagé, chez l’un comme chez l’autre.

Je m’intéresse à ce qui a déjà été fait, car l’idée est d’utiliser les compétences présentes pour les développer.

Pendant les entretiens, j’utilise de nouveaux outils, la technique de l’échelle, avec Arthur et la métaphore amenée par Marie « se débarrasser du fardeau ». Je veux de cette manière les rendre plus actifs dans l’amélioration de leur situation, les aider à se situer et créer de la distance avec leurs discours « d’éternelles victimes ».

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